Après 10 mois d’un laborieux cheminement vers la retraite, j’ai cru bon de revoir mes conseils avisés. Vous les trouverez ici enrichis d'une vision de l'avenir rendue plus lucide par la proximité de la fin du voyage.
samedi 13 février 2016
samedi 16 janvier 2016
J-97 – Terre !
Il en va de l'approche de la retraite
comme des grandes expéditions maritimes...
Ne manquez surtout pas de lire (ou de relire) Rouge Brésil, admirable récit historique de Jean-Christophe Rufin, car il en va de l'approche de la retraite comme des grandes expéditions maritimes d'autrefois. La haute mer laisse au voyageur tout loisir pour fantasmer, pour idéaliser sa future vie à terre et pour concocter des projets mirobolants. Cela ne résiste hélas jamais au fameux cri de la vigie : « Terre ! » A cet instant, la terre n'est qu'une ombre subtile qui souligne l'horizon, imperceptiblement. Ce tout symbolique présage suffit pourtant à faire basculer le navigateur du rêve à la réalité, brutalement. Il va lui falloir prendre pied sur une terre inconnue.
Entrer
dans le millésime de la retraite et franchir le seuil des J-100
jours aura été mon cri de la vigie. Tout
au long de ma croisière hauturière – entendre depuis que je me
suis embarqué à destination de la retraite – je me suis
représenté l'atterrissage – la retraite – comme un grand
soleil qui inaugurerait une vie professionnelle nouvelle et enfin
réussie. J'ai élaboré de doctes business plans pour prendre
enfin ma revanche sur la vie. Mais voilà qu'au pied du mur,
l'énergie me manque. C'est que je n'avais pas suffisamment médité
l'expérience des explorateurs. Avant de songer à monter une
expédition de quelque envergure à l'intérieur des terres, ils se
dotent toujours d'une base de vie, d'un cantonnement, voire d'un camp
retranché. J'ai commis l'erreur de sauter cette étape. Peut-être
mes projets n'étaient-ils pas, par nature, trop ambitieux mais ils
étaient certainement très prématurés. Je n'ai certes pas trop à
me préoccuper des vivres, ni de l'eau douce, ni même (encore
que...) d'une protection contre d'éventuels assaillants, bêtes
sauvages ou indigènes hostiles. Cependant, même si j'évolue dans
un monde d'un autre type, l'analogie coloniale reste féconde. Elle
mérite d'être gardée à l'esprit pour guider mon action.
Je
livre ici le fruit de mes premières élucubrations.
AVANT
Précaution
élémentaire : j'ai pris soin de rassembler mes relations
professionnelles autour d'un compte LinkedIn. J'ignore si j'en
aurai besoin ou non, mais ce réseau fait maintenant partie de mon
arsenal. Une fois à la retraite, je n'aurais sûrement pas été en
capacité de le constituer. Il fallait le faire tant que je
bénéficiais encore d'une identité professionnelle présentable.
C'est facile, c'est gratuit et cela permet de rester crédible
au-delà de la retraite. Ne pas oublier : c'est le service minimum du
community management.
PENDANT
Entre
mon ancienne vie et ma nouvelle vie, j'interposerai, si possible,
deux semaines au bord de la mer en guise de phase transitoire.
APRES
Je
veillerai à ne pas sombrer dans l'inertie, la procrastination, ni
l'oisiveté afin de me prémunir d'une déqualification
(disqualification ?) prématurée mais je veillerai aussi à ménager
mes forces. J'éviterai de prendre des engagements inconsidérés et
prématurés. Je pratiquerai une saine gestion de mon temps : voir J-211 – Le temps passe....
Je
prendrai le temps d'organiser mon environnement numérique. Cette
préoccupation, que l'on pourrait croire subalterne, est en réalité
très importante. Aucun projet ne peut être conduit sereinement sans un
système informatique fiable, des données sécurisées et une
ergonomie conviviale. C'est pourquoi, dans toute la mesure du
possible, je me démarquerai des produits Microsoft. Cette société
n’innove plus aujourd'hui en effet que pour emmerder ses utilisateurs
captifs !
PLUSIEURS MOIS PLUS TARD
Lorsque
tout cela sera en place, alors seulement, envisagerai-je peut-être
enfin des projets plus sérieux, des expéditions exploratoires à
l'intérieur des terres inconnues.
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Précision
:
Les
visiteurs les plus assidus de ce blog n'ont pas manqué de remarquer
que ma date de départ à la retraite avait été avancée de
quelques jours. Ceci est dû à la complexité du calcul de mes
droits à congés.
De nouveaux recalages sont encore susceptibles d'intervenir d'ici le jour J.
jeudi 31 décembre 2015
J-113 – Bilan statistique fin 2015
2029 pages ont été visitées depuis l’ouverture de ce blog le 7 avril 2015.
15 articles ont été publiés et ils ont donné lieu à 9 commentaires.
Les pages ou articles les plus visités ont été les suivants :
Mes conseils avisés (272 visites)
Qui suis-je ? (233 visites)
J-211 – Le temps passe (123 visites)
J-343 – Les bons côtés de mon job actuel (107 visites)
J-333 – Relecture de vie (106 visites)
J-149 – Racisme et vendredi sanglant (38 visites)
J-159 – Vendredi sanglant (29 visites)
mercredi 25 novembre 2015
J-149 – Racisme et vendredi sanglant
Ça commence par le chagrin et la colère. Dans les jours d'après, l'émotion s'apprivoise, petit à petit. Le sommeil s'améliore. Vient alors le temps de la réflexion, voire celui de l'action. L'action politique n'est pas dans ma nature. Je suis trop jaloux de ma liberté pour m'inféoder à un quelconque parti.
Mes racines sont gaullistes. Mais le gaullisme a-t-il un sens sans De Gaulle ? Ce que ferait De Gaulle, je l'ignore autant que n'importe qui. Une seule chose est certaine : cela surprendrait tout le monde. Mais que faire alors ? Entre le silence et la parole, j'ai hésité. Pourquoi rajouter mon grain de sel ? On entend déjà tout et n'importe quoi. Je suis si peu audible, ma voix se perdra.
Pourtant, même dans le désert, en dépit de tout, je prêche encore.
Car qui ne dit mot consent, qui se tait est complice.
Pourtant, même dans le désert, en dépit de tout, je prêche encore.
Car qui ne dit mot consent, qui se tait est complice.
Je ne peux pas consentir à ce qu'une personne paisible, dont on ignore tout, soit agressée, même verbalement, sur les seules bases de son physique et de son habillement. Certains prétendent hélas, de cette ignoble manière, venger les morts, même à Versailles. Quelle connerie ! Quelle abjection ! Quelle lâcheté ! Ça s'appelle le racisme, mot employé pour une fois dans son sens le plus précis.
Pour autant, je ne peux pas laisser dévoyer à l'envi le sens du mot racisme. Attendre d'un étranger un minimum de respect pour le pays qui l'accueille, pourquoi pas un peu de gratitude, n'est pas du racisme. Ce n'est pas non plus du racisme que de refuser qu'un nouvel arrivant nous impose sa culture, sa religion et son mode de vie. Que dire de sa barbarie ? Ce n'est toujours pas du racisme que de vouloir réintégrer dans le territoire de la République ces zones de non-droit qu'il ne faut pas stigmatiser mais dans lesquelles, depuis plus de 30 ans, dans le déni de l'évidence, on laisse complaisamment fermenter un poison mortel. Ce n'est enfin pas du racisme que de refuser que des pans entiers de l'histoire de la France soient travestis à des fins de propagande.
C'est juste un brin de bon sens populaire !
PRAY FOR PARIS !
vendredi 20 novembre 2015
J-159 – Vendredi sanglant
Femmes
musulmanes - Grande mosquée de Paris - 3 novembre 2002
|
Depuis
le vendredi sanglant, j'essaie d'apprivoiser mes
émotions, comme beaucoup. Ce n'est pas facile. Je me suis laissé dire qu'on
s'habituait. Je n'ai pas encore l'habitude. Alors j'ai du mal. Cette
photo m'aide. Je ne sais pas pourquoi, ni comment. Elle m'apaise. Je
l'ai prise à l'occasion d'une visite à la Grande mosquée de Paris.
C'était exotique et pittoresque. J'ai pensé que cela remplaçait
avantageusement un voyage au Maroc. Je n'ai pas beaucoup de sympathie
pour ces deux femmes. Pas assez sexy. Mais leur dévotion à l'Islam
a l'air paisible. Elles ont une certaine dignité. Je ne sais pas
quoi dire de plus. Je pense à ma mère. Je suis un petit enfant. Ma
mère me fait approcher d'un gros chien bavant, hideux, monstrueux.
Elle dit :
– « Tu vois qu'il n'est pas méchant.»
Alors je
m'apaise.
PRAY FOR PARIS !
mardi 13 octobre 2015
J-197 – Projet à l'eau !
Trois mois durant, je me suis penché avec sollicitude sur le berceau d'une idée d'activité nouvelle qui me semblait pleine de promesses. Aujourd'hui, j'y renonce. La déception est inévitable. Je ne considère pas pour autant que cette aventure soit un échec. L'étude d'un projet sert précisément à en vérifier la viabilité. En l'espèce, cette étude conclut à une impasse commerciale. Je n'ai pas lieu d'en être maussade puisque ce travail m'a fait économiser des investissements inopportuns. J'ai également passé de très bons moments sur ce projet et c'est une expérience que je capitalise avec bonheur. Que dire de plus ? Je me remets dès aujourd'hui en chasse d'une nouvelle idée. J'ai encore tout mon temps. Alors je vais juste laisser dire et boire frais...
mardi 29 septembre 2015
J-211 – Le temps passe...
Au fur et à mesure que, telle une peau de chagrin, s'amenuise mon espérance de vie, s'accentue la fébrilité de ma quête du meilleur usage du temps qu'il me reste à vivre. De fait, le temps est bien une ressource à investir et c'est même la plus précieuse d'entre toutes. Voici quelques repères qui m'aident à naviguer dans ce domaine.
Ce que tu feras sans prendre le temps, le temps ne le respectera pas. C'est au grand photographe Jean Dieuzaide (1921-2003) que nous sommes redevables de cette parole d'or qui nous invite à rester tout à notre tâche sans nous en laisser distraire, ni par la pendule, ni par des sollicitations parasites.
Je suis un fervent adepte de la gestion du temps car elle permet de réserver des plages horaires suffisantes pour des activités choisies et prioritaires. Le caractère prioritaire (ou l'importance) n'a évidemment rien à voir avec l'urgence. Une bonne gestion du temps permet d'ailleurs d'abolir pratiquement la notion d'urgence. Il ne s'agit pas d'essayer de faire le maximum de choses dans le minimum de temps. La gestion du temps n'est pas un outil de productivité mais un outil de bien-être pour rester disponible et en bonne forme. La bonne gestion du temps est un savant dosage pour trouver la ligne de crête qui sépare le manque de temps de l'excès de temps. Le manque de temps conduit à la précipitation, source d'énervement et d'erreurs. Il en résulte presque toujours une perte de temps qui ne fait qu'aggraver les choses en un cercle vicieux. A l'inverse, l'excès de temps conduit à un mauvais usage du temps car, la nature ayant horreur du vide, le temps excédentaire a toutes les chances d'être colonisé par des tâches indésirables. Celles qui tuent un temps qui ne demande qu'à vivre. Tuer le temps, c'est s'absorber dans une distraction stérile qui monopolise l'esprit et conduit à ne plus voir le temps passer. Les émissions de télévision et les jeux vidéo appartiennent hélas généralement à cette triste catégorie. A l'inverse, les occupations qui laissent l'esprit vagabonder sont extrêmement fécondes : la promenade le long de la mer ou en forêt (à condition d'adopter une déambulation nonchalante) ou encore le jardinage favorisent le "lâcher prise" et stimulent puissamment la créativité. Loin d'être négligeables, ces activités sont à retenir parmi les plus prioritaires de toutes.
La liste de tâches est le support le plus simple de la gestion du temps mais attention à la tendance naturelle des listes qui est d'exagérer l'importance des tâches les moins importantes au détriment de l'essentiel. Il est des tâches qu'il vaut mieux ne jamais noter dans une liste afin de pouvoir les oublier plus facilement. Ce sont les tâches "biodégradables", beaucoup plus nombreuses qu'on ne l'imagine.
Une note optimiste pour conclure : cessons de nous lamenter sur le temps qui file. Si la fuite du temps nous arrache trop souvent à de bons moments, fort heureusement, par un processus analogue, c'est elle aussi qui nous tire à point nommé des pires situations.
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En complément de ce billet, ne manquez pas de lire l'excellent l'article suivant :
La forêt, merveilleux antistress et source d'inspiration par Sylvaine Pascual
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