dimanche 23 août 2015

J-248 – Fin des vacances

La quasi totalité de mon temps de vacances et de mon énergie aura été consacrée cette année à ma petite-fille (5 ans). Je m'émerveille de voir se construire sa personnalité. J'aime retrouver chez elle les expressions de son père lorsqu'il avait son âge. J'aime son regard teinté de soleil levant. J'aime (même si je ne comprends rien) l'entendre parler japonais avec ma belle-fille et surtout l'interpeller en "franponais" : Maman wa !
Émerveillé mais fourbu, j'entends maintenant goûter un repos bien mérité dans le calme de mon bureau, tant que j'en dispose encore. Il faudra que je me trouve un autre refuge lorsque la retraite sera venue.



Trop occupé par la plage, je n'ai guère eu le temps de lire mais je recommande tout de même vivement cette remarquable pépite : Les sept chiens de l'AventUn aperçu est disponible en ligne.
L'auteur, Jean Pierre Simonet, est un ancien collègue de travail que je tiens en très haute estime et amitié. Comme moi, il sera bientôt à la retraite. Ce recueil de nouvelles est très prometteur et il est bien possible qu'un premier roman soit déjà en préparation.






J'en profite pour saluer un autre futur retraité sympathique, Charles Hittelet, et pour vous recommander la visite de son blog. On y trouve de quoi alimenter sa réflexion dans une foule de domaines. C'est pétillant, foisonnant, poétique et pertinent. Comme je le fais, Charles Hittelet tient le décompte des jours qui le séparent de son départ à la retraite. Ce sera, presque jour pour jour, en même temps que moi.


Pour que ce compte rendu estival soit complet, je me dois hélas enfin d'honorer la mémoire de ma cousine F. brutalement disparue le 12 août dernier à l'âge de 63 ans. Nous aimions bien jouer ensemble sur la plage, il y a plus d'un demi siècle de cela... 

mercredi 15 juillet 2015

J-287 – Je passe en mode projet

Rien de vaut la contemplation de la mer 
pour débloquer les neurones.

Dinard : vue depuis la villa Roches Brunes


Il y a un peu plus de trois mois, j'ai ouvert ce blog parce que je supportais mal d'avoir été mis sur la touche au plan professionnel. M'exprimer m'a fait le plus grand bien et je me suis vite senti nettement mieux. Mais j'ai aussi pris conscience que le temps filait beaucoup plus vite que je ne le pensais. Je commençais tout juste à m'inquiéter de n'avoir aucun projet concret en vue, lorsque les déferlantes de Dinard ont déposé, à mon intention, une idée sur la plage : belle illustration de la vertu du "lâcher prise" ! J'envisage de relater dans ce blog les étapes à venir de la mise en oeuvre de cette idée, même si je dois, pour l'instant, en garder la substance confidentielle.

L'idée possède en tout cas deux traits essentiels :

1 - La part belle au rêve
Après une vie faite de compromis, je ne pourrai m'épanouir à la retraite que si ma nouvelle activité laisse au rêve la plus belle part.

2 - Un terrain connu
Le projet se situe dans un contexte que je connais, il exige des compétences professionnelles que je possède déjà et pour lesquelles je peux me prévaloir d'une légitimité qui ne sera pas mise en cause. Ceci est très important. J'ai acquis la conviction qu'apprendre un nouveau métier à 65 ans n'était pas à ma portée. J'ai d'ailleurs déjà pu observer, dans mon entourage, l'échec d'une tentative de cet ordre. Repartir à zéro ne permet pas d'acquérir un savoir-faire comparable au fruit de l'expérience d'une vie. Il est vrai que des exemples inverses existent : j'ai connu personnellement un commandant de bord d'Air France devenu professeur d'égyptologie à l'université. Ce genre d'exploit exige tout de même une énergie et une passion à soulever les montagnes. Encore s'agissait-il, en l'espèce, d'une reconversion en cours de carrière, longuement mûrie et préparée, et non pas d'un projet de retraite. 

samedi 20 juin 2015

J-312 – Point d'étape


Résumé des chapitres précédents :
         Le projet dont je rêve pour ma retraite devrait posséder au moins les deux qualités suivantes :

  • répondre aux besoins que ma situation professionnelle parvient à combler aujourd'hui encore pour quelques mois, 
  • s'enraciner dans mon histoire familiale et dans mon histoire personnelle. Ces bases, je les ai qualifiées de "fragiles". Elles feront pourtant bien l'affaire si mon projet respecte leur nature. Ma retraite sera leur dernier avatar. 




mardi 9 juin 2015

J-323 – Relecture d'histoire familiale

Après le temps des photos jaunies, 
vient le temps des sépultures abandonnées.
Et dire qu'au tout 
début, il y avait l'âge de l'insouciance !




La vie familiale est comme un paysage qui, année après année, se transforme lentement mais dont la pérennité demeure pourtant. Il y a des amours, des unions, des naissances, des projets (petits ou grands), des espérances, des déceptions, des renoncements, des morts et parfois des drames. Tous ces événements sont des repères mais bien rarement des ruptures. Ce qui me frappe, c'est au contraire la permanence, la continuité de l'aventure, la transmission, de génération en génération, d'une histoire, c'est à dire d'un patrimoine qui transcende largement les biens matériels et même culturels.
Faut-il convoquer ici la psychanalyse transgénérationnelle ? En tout cas, les racines de la psyché individuelle et de ses pathologies s'enfoncent, j'en suis convaincu, bien au-delà de la naissance, voire même de la conception du sujet. L'histoire des vies et l'enchaînement des générations se tissent dans la banalité du quotidien. Pourtant, au bout du compte, toutes les vies forment une aventure extraordinaire. De ce roman familial, je ne suis qu'un personnage secondaire mais c'est peut-être ce qui me donne le recul nécessaire pour témoigner sereinement auprès de ma descendance.


Ce texte n'est autre que le prologue d'une histoire familiale que je rédige depuis 2010 sous le titre de Au fil du temps - 120 ans d'aventures familiales (1867 - 1986). La partie qui s'étend de 1867 au début des années 1950 est déjà achevée. Depuis plus d'un an, je marque une pause face à ma naissance qui est un obstacle que je peine à franchir. Ce recueil n'a pas vocation à être diffusé en dehors d'un cadre familial mais je recommande cette expérience. Elle  m'a beaucoup aidé sur un plan personnel.

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Comme le précédent, ce billet est consacré à une relecture du passé. Ces deux derniers textes peuvent paraître amers. En vérité, ils ne le sont pas, ils sont simplement factuels. Le regard que je cherche à porter sur les faits s'inspire de celui neutre et objectif de l'historien. Le passé (et même ses conséquences) n'est ni bon, ni mauvais : il est. Même la part émotionnelle n'est au fond qu'un donné parmi d'autres. J'ai eu autrefois un camarade de classe qui avait raté l'avion parce que le taxi qui le conduisait à l'aéroport était tombé en panne. Pour lui, c'était une catastrophe. Mais l'avion qu'il devait prendre s'est écrasé au sol sans laisser de survivants. Fatum ! Sur un mode plus universel, la Passion de Jésus est l'histoire d'un meutre abominable, d'un acte de torture monstrueux. Mais c'est aussi l'événement fondateur de la religion chrétienne et d'une nouvelle ère dans l'histoire des civilisations. Je limite volontairement ce propos à ce qui est indiscutable quelle que soit notre foi.



Au jour le jour

Mes conseils avisés

Qui-suis-je ?


samedi 30 mai 2015

J-333 – Relecture de vie

Je ne veux pas m'appesantir niaisement sur de vieilles anecdotes. Ce serait là une posture bien trop tournée vers ce qui n'est plus, c'est à dire vers la mort. Les souvenirs peuvent être malsains, il faut s'en méfier mais il faut aussi les respecter car, s'ils ont parfois un goût de mort, le passé est fondateur, racinaire, source de vie et de culture. Interroger le passé par sentimentalisme ou narcissisme est stérile mais repérer dans le passé ce qui est assez solide pour fonder l'avenir est fécond. Fort de cette conviction, je me suis intéressé assez naturellement à l'idée d'une relecture de vie. Je continue en cela à piller sans vergogne la démarche de Marie-Paule Dessaint.

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Fils d'un homme imposant, d'un industriel à qui je devais succéder, j'étais prédestiné à incarner la cinquième génération d'une petite dynastie de chefs d'entreprise. Dès ma naissance, mon père me présentait déjà fièrement comme « l'héritier de la couronne ». Sans tenir compte de mon jeune âge, des adultes m'entouraient de déférence. Au point que j'ai fini par me considérer comme un personnage plus important que les autres. La source de mes privilèges s'est chargée de réduire à néant cet orgueil mal placé. À l'évidence, il s'agissait non pas de ma valeur personnelle mais hélas de mon statut de fils, exclusivement. Cette cruelle déconvenue, dont les ressorts m'étaient à peu près inconscients, s'est envenimée à l'adolescence sur un mode névrotique. France Gall chantait : Résiste ! Prouve que tu existes ! Comment exister ? Je suis devenu cynique, asocial, voire misanthrope, rebelle à toute forme d'autorité. Plus tard, j'ai jeté ma fureur de vivre dans le ski hors piste, le sport automobile, la moto, l'aviation légère et même la voltige aérienne. J'ai eu de la chance : j'en suis sorti indemne, physiquement. Au mental, c'était autre chose. J'étais inapte à toute prise de décision, notamment quant à mon orientation professionnelle. La pression psychologique que mon père exerçait sur moi pour que je lui succède n'avait d'égal que la résistance farouche que je lui opposais. L'immobilisme était le seul effet possible de ces deux forces antagonistes. Ceux qui pratiquent le tir à la corde comprendront. Le cul entre deux chaises et à force de courir deux lièvres à la fois, mes études terminées, je n'étais préparé à rien. Entre la reprise de l'affaire paternelle ou une voie plus personnelle, j'ai laissé les événements opérer un choix à ma place. Pour mes parents, les architectes et les fonctionnaires représentaient la lie de la société, dans ce qu'elle a de plus bas. Combien de fois à la maison, ai-je entendu ce jugement définitif à propos de tels parents dont le fils avait failli : « Comme ça n'était qu'un bon à rien, ils l'ont foutu fonctionnaire. De toute façon, il n'aurait jamais pu faire autre chose ! » Tous les mots sont importants. Leurs motifs leur appartenaient. Par un hasard qui ne peut pas tout à fait en être un, je suis devenu d'abord architecte puis, quelques années après, fonctionnaire.

Lorsque je suis rentré dans l'administration, j'ai tout de suite eu l'impression d'arriver chez les fous. Cependant, mon premier fils entrait en maternelle, le second est né peu après. Lorsqu'on a charge d'âme, on ne quitte pas un job qui offre à la fois une garantie d'emploi à vie, un salaire assez élevé et des conditions de travail plutôt confortables. Et c'est ainsi que j'ai passé le restant de ma carrière dans la fonction publique et c'est pourquoi j'y suis encore aujourd'hui. Mais dans 333 jours précisément, ça s'arrête !

Telles sont les fondations sur lesquelles je me prépare à édifier ma retraite ; elles sont bien fragiles mais, contre vents et marées, je garde l'ambition d'une réussite, enfin.



EPILOGUE

Mon père a fini par céder son entreprise, en abandonnant les portraits de ses ancêtres sur les murs de son prestigieux bureau. Quelques années plus tard, l'usine a fermé. Une centaine de personnes ont perdu leur emploi et une partie d'entre elles m'en a tenu responsable. J'aurais pourtant été bien incapable d'empêcher ce désastre. Peu de temps après, mon père est mort – en est mort, ont pu dire certains – en se demandant toujours pourquoi je ne lui avais pas succédé.

Il y aura bientôt 30 ans de cela.

mercredi 20 mai 2015

J-343 - Les bons côtés de mon job actuel

Le site de la coach québécoise Marie-Paule Dessaint regorge d'analyses et de conseils très utiles pour les futurs retraités. Au point que je me dois de mettre un bémol au jugement sévère que je porte en général sur la corporation ! Le conseil personnalisé qu'elle m'a adressé (via Twitter) est de profiter des jours qui restent pour apprécier tout ce que le travail m'apporte.
Convaincu de l'intérêt de tirer ce fil, j'ai commencé par établir (par ordre d'importance décroissante) une liste de ce qui me plait dans mon job actuel, en dépit de tout.


BONS CÔTES :

  1. Évoluer dans deux univers parallèles, l'un familial et l'autre professionnel, qui modèrent mutuellement leurs exigences respectives dans un processus d'autorégulation.
  2. Jalonner ma journée de rites ou de repères auxquels je suis attaché : le petit-déjeuner au calme, la fraîcheur de la ville au petit matin, l'anonymat du train, le confort protecteur de mon bureau – j'ai toujours aimé les tours d'ivoire –, le repas partagé avec un petit groupe de collègues, toujours les mêmes, le vent de liberté du retour à la maison...
  3. Travailler de manière très indépendante sur des sujets choisis selon mes aspirations personnelles.
  4. Envers et contre tout, attribuer un vague sens, fût-il illusoire ou récréatif, à la production collective à laquelle j'apporte ma modeste contribution.
  5. Appartenir globalement au monde des actifs, celui d'un grand quartier d'affaires, et plus singulièrement à une entité dotée des moyens et services propres à toute structure organisée.


vendredi 1 mai 2015

J-362 - Trop vieux !

"Vous êtes trop vieux !" Navrant résultat d'un test qui mesure ma capacité à créer une petite entreprise pour agrémenter ma retraite. Combien de fois, adolescent, suis-je sorti de mes gonds parce qu'on me disait que j'étais trop jeune ? Je savais du moins que cela allait s'arranger. Trop vieux, c'est infiniment plus grave, c'est même sans espoir. J'ai essayé de lutter. J'ai tenté de censurer rigoureusement ma conversation, de l'expurger de toute allusion à une quelconque expérience. Ainsi voulais-je faire mine de ne rien connaître et de désirer tout découvrir dans l'actuel. Quoi de plus exaspérant que le bonhomme - syndrome du vieux con - qui ramène tout à ses exploits passés ? Pour peu, j'aurais lancé des projets dans le seul but de prouver ce que je savais d'ores et déjà parfaitement. Cette orientation artificielle vers le futur et ce refus de me prévaloir d'une expérience se soldèrent par un échec complet. J'ai simplement dû passer pour un demeuré. Je me résigne donc et conviens que je suis irrémédiablement ancré dans un passé pourtant révolu. Qui donc pourrait encore prendre mes projets au sérieux ?